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Ouvert à tous les participants des ateliers d'Alès, de Nîmes et des stages d'écriture.

Portrait en situation


Elle est assise à la table familiale, entourée de tous les siens, enfants et petits enfants. Son visage est labouré de rides, les joues vides, les lèvres pincées sur des dents absentes. Ses mains pâles, où transparaissent les veines bleues, saillantes, sont posées légèrement sur la table, au bord de l'assiette où trainent encore des miettes du dessert. Fragilité de cette peau, de ce visage. Combien de tête a-t-elle ébouriffée dans un geste de tendresse ? Combien de joues ont brûlé de ses gifles ? Combien d'amants ont joui de ce corps maintenant fatigué ? Ses yeux sont silence et sa voix est aveugle. Où est-elle à cet instant ? A la chasse, avec son père ? Auprès de son époux ? De ses enfants ? Oui, elle est auprès de ses enfants, mais pas maintenant qu'ils sont tous là autour d'elle, non, ses enfants d'avant, noyés dans le passé qui s'effiloche.

Un sourire édenté éclaire parfois son visage, tout son corps se redresse, se tend... une ébauche de mouvement des lèvres veut clamer son bonheur d'être là, ici, maintenant, parmi les siens. Et puis ses yeux s'éteignent à nouveau, le dos et les bras s'éboulent sur le fauteuil. Elle a rejoint son absence. Combien de jours, de mois, d'années avant que le Seigneur ne la rappelle à Lui ? Elle a fait son temps, donné son temps surtout, connu son lot de joies et de malheurs, mais maintenant elle aspire à s'en aller, partir, rejoindre son mari, cette enfant partie trop tôt. Elle veut laisser la place aux jeunes... qui vieillissent eux aussi. Lassitude, absence...

Et cette vie tout autour, cette vie qu'elle a fait naître, qui la bouscule maintenant, ces conversations qui s'entrecroisent, qu'elle ne peut plus suivre, dont elle ne distingue plus que quelques mots, auxquelles elle ne peut plus se joindre. Ça n'est plus l'heure des "tiens toi droit" ni des "ne mets pas tes coudes sur la table" ni des projets ni des emplois du temps, ni des regrets ou des remords, ni des bilans. Peut-être, enfin ouvert sur un grand vide, un regard apaisé, abandonné au bras des siens

Phrase longue
Personnification
 

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samedi 17 août 2019
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