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Histoire d'une débutante

Débuts à Paris

J’ai tout juste 22 ans quand je débarque à Paris, en novembre 1979 . Dans ma valise, je n’ai glissé que quelques vêtements. Dans mes poches, je possède environ une centaine de francs.
Déjà, la nuit est tombée. Il me faut trouver un hôtel. Entre deux escaliers de la butte Montmartre , un établissement affiche « chambre à la journée, à la semaine, ou au mois » . Voilà mon affaire.
Un rapide passage à la réception, puis je découvre ma chambre. C'est une pièce plutôt triste, mais assez spacieuse. éclairée par une fenêtre ouverte sur l'extérieur. Au fond, un petit coin cuisine, équipé d'un réchaud à gaz, est aménagé.


Des le lendemain, je frappe aux portes des sociétés d'intérim. Après quelques démarches infructueuses, je me vois confier une mission d’une semaine, dans une grande bijouterie du 4e arrondissement.

L’informatique n'existe pas encore. Souvent archaïques, les machines à écrire ne sont généralement pas équipées de la précieuse touche formant une croix rouge, utilisée pour la correction, et si convoitées par les dactylos. Seules les IBM « à boule » , disposent de cette fonction.

Il faut, de surcroit, glisser sous l'original deux carbones et deux pelures, qui permettront de garder une trace du courrier. Original et doubles doivent être impeccables.
À cette époque , la dactylographie requiert donc beaucoup d'application, de dextérité et une longue pratique. Les débutantes, surveillées de près par leur hiérarchie, n’ont qu’à bien se tenir.
A l'adresse indiquée ; la société est implantée dans des locaux plutôt modernes. Une femme, d'une quarantaine d'années, Mme DUMAS, m’accueille. son Le regard est sévère, dissimulé derrière de grosses lunettes, Avec sa bouche pincée, ses cheveux noirs raides, elle ne me semble pas très encline à l’indulgence.
Elle m'installe, seule, dans un petit bureau, communiquant avec le sien.
Je me lance néanmoins. Je me saisis d’un papier à en tête, j'ajoute deux carbones, un double jaune pour le dossier et un rose pour le chrono, puis j’introduis le tout dans la machine.
Je tape quelques mots … Flûte, déjà une faute !
J’attrape le crayon gomme, le mouille légèrement avec mes lèvres. Là aussi, l'affaire est des plus délicates. Sec, le crayon n’efface pas. Trop humide, il fait un trou dans le papier . C’est exactement ce qui se produit ici : la feuille n'a pas résisté.
Un rapide coup d’oeil. Mme DUMAS semble n’avoir rien remarqué. Résolument, je jette la liasse dans la corbeille à papier, formant des vœux pour que ma responsable ne fasse pas le tour des poubelles, ce soir.
Je persévère et parviens à taper quelques lignes, avant que ne surgisse l’inévitable faute. Cette fois, pas de trou. Mais malheur ! J'ai oublié de mettre des petits papiers entre les feuilles, afin que les doubles restent propres.
Un coup d'œil en direction du bureau voisin, dont l’occupante, par bonheur, semble n'avoir rien vu. A nouveau, l’ensemble atterrit dans la corbeille à papiers.
Troisième tentative . Cette fois, j’arrive au bout. Je relâche un peu mon attention. Catastrophe ! J'arrive en bas de page, la dernière ligne vacille, irrémédiablement.
A nouveau, le crayon gomme. Puis je tente de réintroduire, avec mille précautions, le tout dans la machine . L'opération est quasiment impossible à réaliser ; il y a presque toujours un décalage . Nouveau désastre : le dernier interligne est plus grand que les autres.
Je n’ai d’autre choix que de tout recommencer !
Devant le stock de papier à en tête qui se réduit comme une peau de chagrin, l’angoisse monte. Je n'ai plus droit à l'erreur .
Sur ces entrefaites, Mme DUMAS ouvre la porte du bureau. Impossible de dissimuler mon embarras !

Un rapide passage à son bureau, le temps de récupérer ma feuille d’heures, puis cette première mission s’achève, prématurément.

Plus tard , je crois que les débutantes apprécieront notre collaboration.

Le manteau d'astrakan
Rue du Café Brûlé
 

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