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L'enfant au piano

-Petit écolier, que fais- tu là, seul, par cette chaleur sur ce chemin désert ?

- Je me suis perdu en courant après les sauterelles ;

-Je ne vais pas te laisser rentrer seul. Viens, je te raccompagne : j'en profiterai pour boire un verre d'eau, si tu es d'accord ;

- Oui, monsieur ! à nous deux, on retrouvera le chemin… mais ne vous inquiétez pas trop, on aperçoit déjà les volets verts, là- bas, au loin : c'est ma maison.

-  alors en route, partons tous les deux !

Main dans la main, ils traversent la prairie, bavardant, riant, courant, ralentissant par instant lorsque le souffle manque. Ils longent une rivière qui circule gaiement au milieu des galets ; ils franchissent un petit pont… aucun danger ne menace, le temps est calme.

Ils s'acheminent ainsi vers cette petite maison : les fenêtres sont ouvertes, laissant pénétrer la chaleur.

Cette invitation à entrer réjouit le cœur de l'homme qui, devancé par l'enfant, franchit le seuil.

Entre l'ombre et la lumière, le passé et le présent, il reçoit en plein cœur l'harmonie de l'instant, de l'espace, comme un cadeau.

L'enfant offre un verre d'eau à son compagnon, pose son cartable et l'invite à s'asseoir.

Intrigué, ce dernier observe cet enfant qui, lentement, se dirige vers un piano ouvert, offert ; il escalade le tabouret et, si petit, commence à jouer.

La tentation est grande : l'homme se lève pour se joindre à lui, pour apprivoiser cette étrange sensation.

Il approche sa chaise et joue, joue, insensible à la pesanteur du temps qui passe, qui bâtit, qui détruit, insensible au doux froissement des paupières qui se ferment.

A quatre mains, ils interprètent , en un ultime élan, une sonate lumineuse.

Ce qui se passe alors échappe au ciel et empoigne le cœur.

Ce que l'on sait maintenant, c'est que lorsqu'il se réveilla, l'homme s'aperçut que le niveau de la seine montait et qu'il devait quitter son abri.

Le ruban du vieux magnétophone qui tournait à vide depuis bien longtemps, tapissait les quais sur des kilomètres.

Il crut un instant qu'il serrait encore cette petite main d'enfant : ce n'était que la poignée d'un pauvre sac plastique.

Il voulut profiter, pendant quelques secondes encore, de ce temps suspendu, de cet étrange flottement qui suivit les retrouvailles, la réconciliation entre l'homme et l'enfant qu'il était .

Il pleura, rembobina ses bandes, prit son sac et se remit en route.

Il devait retrouver cette petite maison aux volets verts et, pour la dernière fois, cet enfant lumineux.

Si sa place était là, là-bas, au beau milieu d'un rêve, alors, il connaissait le chemin … 

LES YEUX VERTS.
Les Neilikkas
 

Commentaires 1

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Reymond Sylvie le samedi 2 novembre 2019 16:58

Une nouvelle écrite pendant le stage de septembre 2019 à Bayssac.

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Une nouvelle écrite pendant le stage de septembre 2019 à Bayssac.

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