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Ton Sourire

 Ton sourire.

La vie à pleine dents.

La gourmandise, l'innocence, l'attente et l'envie de tout.

Cette énergie vitale qui t'effraie parfois, te donne un air sauvage qui tranche avec ton chemisier à petits volants et ta coiffure soignée.

Tout ton visage irradie cet élan qui te porte mais tu ne le sais pas et tu regardes celui qui te photographie avec une confiance et un abandon qui me surprennent.

Dehors, il fait froid et tu le sais, tu le sens. Aussi est-ce bien volontiers que tu restes à l'intérieur, près de la cheminée et que tu acceptes d'être celle que l'on veut que tu sois.

Mais lorsque le soleil pointe, que l'hiver a duré trop longtemps, cette maison devient pour toi un lieu d'enfermement et tu as envie de pousser les murs, de hurler, de t'échapper comme un animal en cage qui profiterait de la porte entr'ouverte pour s'enfuir dans la montagne.

Là, ton cœur bat plus vite, tu ne respires plus pareil. Tu es ailleurs, dans d'autres mondes, les tiens, ceux de tes rêves qui te montrent le monde en couleur, qui te font sentir le vent dans tes cheveux, qui te permettent de courir jusqu'au bout, de sentir ton corps vivre jusqu'à en avoir mal.

Mais il y a toujours une petite voix en toi qui arrive et qui parle plus fort que les autres. Cette voix tu la détestes et pourtant tu as du mal à lui échapper. Tu ne sais pas la faire taire.

Elle te ferme les portes, te bride, t'interdit, avec elle, tu te sens rabougrie, rétrécie.

Et ces frémissements de joie, de plaisir, ces envies de liberté que tu sens en toi, dans ton ventre, dans ton cœur, comment les maintenir toujours en vie, en garder la flamme vive ?

Aujourd'hui je te regarde et je me dis que j'aurais voulu connaître celle que tu es sur cette photo. Je ne sais rien de toi et pourtant nous nous ressemblons tellement ! J'aurais aimé découvrir tes désirs, tes envies, tes goûts, mieux comprendre ce que disait la violence de ton sourire.

Pourquoi a t-il disparu ? Dans quel coin de ton cœur l'as-tu mis de côté ? As-tu accepté de renoncer à tout ce qui te rendait vive, en une seule fois ? (un arrachement, mais après c'était fini !), ou bien as-tu abandonné tes sourires petit à petit, les uns après les autres ? peut-être même sans t'en rendre compte !

Mais comment maintenir ses rêves en vie quand la vie quotidienne envahit tout, quand la vie sociale et les principes étouffent plutôt qu'ils ne guident.

Je voudrais que tu sois là encore aujourd'hui pour te dire tout cela.

Te ressusciter, Te recréer.

Être à la fois ta mère et ta fille.

Jamais plus tard sur aucune photo de toi, je n'ai retrouvé ce sourire.

Jamais je n'y ai revu cet élan profond, cette attente de tout ce qui pouvait t'être donné.

24 Août 2020

Lettre de la forêt Carélienne à sa cousine Stéphan...
La chambre forte, Incipit.
 

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