Café littéraire à Nîmes

Proposé par Les Voix de l'écriture.

Comment fonctionne le Café Littéraire?

Organisation

Débats libres et ouverts animés par Sylvie Reymond

Une discussion constructive autour de deux livres pendant laquelle sont abordées les questions comme le style, la construction, les personnages, la facilité et le plaisir de lecture mais aussi la place dans l'histoire de la littérature, les enjeux politiques, philosophiques et sociaux ou leur absence...

Le lieu

Nous nous retrouverons au "W" piano bar

Il se situe sur le square de la Couronne une magnifique place près des arènes.

Venir pour lire ou pour écouter?

Chaque mois deux livres sont proposés à la lecture.

Il est nécessaire de lire les ouvrages pour intervenir dans la discussion mais l'on peut aussi venir simplement pour écouter et profiter de la lecture des extraits de livres.

Il suffit de prévoir le prix d'une consommation

Le café littéraire est gratuit !

Du simple café à la coupe de champagne, en remerciement au W piano-bar qui nous accueille dans ses locaux.

Manifestation ouverte à tous

Faut-il s'inscrire?

Ce n'est pas indispensable toutefois savoir approximativement le nombre de personnes qui souhaitent venir facilite l'organisation. Il suffit d'envoyer un mail à l'adresse ci-dessous.

Renseignements
Email de Sylvie Reymond
Téléphone
06 62 64 36 20

Prochains cafés littéraires

Jeudi 27 février à 18H30

"Une soif d'amour "de Mishima et "Thérèse Desqueyroux" de François Mauriac

Meurtrières...


Jeudi 23 avril 2020

" En attendant Bojangles " d'Olivier Bourdeaut et " L'écume des jours " de Boris Vian

Folies douces ?

Vidéo Thérèse Desqueyroux de Georges Franju 1962

Bande annonce du film de Claude Miller de 2012

Cafés précédents...
dimanche, février 09, 2020 Reymond Sylvie

-  Présentation des auteurs

Dino Buzzati, le plus ancien chronologiquement est né en 1906 mort en 1972 journaliste écrivain italien peintre également. De par la qualité de son travail de journaliste, il a eu une large influence dans cette sphère, il est connu pour le Désert des Tartares mais il est aussi l’auteur de pièces de théâtre et d’une grande quantités de remarquables nouvelles marquées par un art particulier de la construction. Il faut noter une dimension fantastique ou absurde, une oeuvre atypique, forte et émouvante que l’on peut rapprocher du réalisme magique que nous avions évoqué à propos de GG Marquez.

Julien Gracq né en 1910 de son vrai nom Louis Poirier est mort en 2007. Professeur d’histoire, marqué par son expérience de la guerre, il est proche du surréalisme et membre du parti communiste avant de s’en éloigner.  Il se tient ensuite à l’écart du monde littéraire et et intellectuel parisien, il est le seul à avoir refusé le prix Goncourt qui lui est attribué en 1951 pour le Rivage  des Syrtes. Auteur de romans Au château d’Argol puis Le Balcon en forêt  mais aussi de livres de critique littéraire. il est parfois considéré comme le « dernier classique », un écrivain « intemporel » à la prose ostensiblement inactuelle.

 -  Résumés

Le jeune lieutenant Giovanni Drogo est nommé au fort Bastiani, sur la frontière du Nord. Perdus dans le cadre fascinant du désert des Tartares, les militaires en poste paraissent veiller sur une région abandonnée. Dans le fol espoir de connaître un jour la gloire d'un combat héroïque contre leurs invisibles voisins, ils guettent inlassablement les moindres bruits et les ombres mouvantes de la vaste plaine : D'abord désireux de partir, Drogo, comme sous l'effet d'un enchantement, reste et continue d'effectuer ses manœuvres répétitives. Se coupant toujours davantage du monde extérieur, il devient peu à peu l'esclave de ses habitudes et demeure au fort presque désaffecté parmi les derniers, jusqu'au jour où se produit l'attaque. 

Le Rivage des Syrtes doit être lu, selon son auteur, comme un prélude wagnérien. Nommé « observateur » pour la Seigneurie d’Orsenna, une puissance déclinante, le jeune Aldo, à la fois héros et narrateur, part pour les Syrtes, paysage imaginaire de lagunes. En compagnie de quatre officiers, il surveille une région où depuis trois cents ans s’est éteinte sans être close la guerre d'Orsenna et du Farghestan, Aldo attend. Des rumeurs, des signes, l’ambiance particulière, l’ennui et les encouragements de sa maîtresse Vanessa Aldobrandi, Aldo se sent investi d’une mission, transgresse les interdits et provoque une reprise de la guerre.

Jeudi 9 janvier 2020

"Le Désert desTartares" de Dino Buzzati et "Le Rivage des Syrtes" deJulien Gracq

Deux grands romans de l'attente.


« J’aimerais que ma vie ne laissât après elle d’autre murmure que celui d’une chanson de guetteur, d’une chanson pour tromper l’attente. Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique » André Breton.
"Le métier d'écrivain coïncide exactement avec celui de journaliste, et consiste à raconter les choses aussi simplement que possible, et aussi dramatiquement ou poétiquement que possible". Dino Buzzati

"Etre sincère au point de toucher, chez soi, ce je ne sais quoi qui est commun à tous les hommes. C'est le grand problème de l'art. Il est là tout entier."
Dino Buzzati
Le projet du Rivage des Syrtes par son auteur


  :  

 "Ce que j’ai cherché à faire, entre autres choses, dans Le Rivage des Syrtes, plutôt qu’à raconter une histoire intemporelle, c’est à libérer par distillation un élément volatil "l’esprit-de-l’Histoire", au sens où on parle d’esprit-devin, et à le raffiner suffisamment pour qu’il pût s’enflammer au contact de l’imagination. Il y a dans l’Histoire un sortilège embusqué, un élément qui, quoique mêlé à une masse considérable d’excipient inerte, a la vertu de griser. Il n’est pas question, bien sûr, de l’isoler de son support. Mais les tableaux et les récits du passé en recèlent une teneur extrêmement inégale, et, tout comme on concentre certains minerais, il n’est pas interdit à la fiction de parvenir à l’augmenter.
     Quand l’Histoire bande ses ressorts, comme elle fit, pratiquement sans un moment de répit, de 1929 à 1939, elle dispose sur l’ouïe intérieure de la même agressivité monitrice qu’a sur l’oreille, au bord de la mer, la marée montante dont je distingue si bien la nuit à Sion, du fond de mon lit, et en l’absence de toute notion d’heure, la rumeur spécifique d’alarme, pareille au léger bourdonnement de la fièvre qui s’installe. L’anglais dit qu’elle est alors on the move. C’est cette remise en route de l’Histoire, aussi imperceptible, aussi saisissante dans ses commencements que le premier tressaillement d’une coque qui glisse à la mer, qui m’occupait l’esprit quand j’ai projeté le livre. J’aurais voulu qu’il ait la majesté paresseuse du premier grondement lointain de l’orage, qui n’a aucun besoin de hausser le ton pour s’imposer, préparé qu’ il est par une longue torpeur imperçue."
     (Julien Gracq, En lisant en écrivant )
Buzzati a raconté les circonstances très quotidiennes qui, en 1939, firent germer en lui l'idée du Désert des tartares, alors qu'il travaillait comme chroniqueur dans le microcosme routinier du Corriere della Sera:

" Pendant une certaine période j'y ai travaillé de nuit, à un travail de routine. A côté de moi, il y avait des collègues qui avaient le même âge que moi, mais la plupart étaient plus vieux. Quelques-uns même avaient déjà beaucoup d'ancienneté. Tous, évidemment, dans leur jeunesse, avaient espéré pouvoir faire quelque chose de plus brillant ; ils avaient espéré devenir envoyés spéciaux, par exemple, c'est à dire faire de grands reportages, voyager à travers le monde, etc….. Et puis, peu à peu, ils s'étaient fossilisés là, dans la rédaction, renonçant progressivement à leurs espoirs. Et cette grande occasion, que probablement chacun d'entre eux avait espérée, peut-être sans s'en rendre compte, était devenue de plus en plus lointaine, et s'était complètement évanouie. Cette monotonie du travail m'a fait penser à écrire une histoire où serait résumé le destin de l'homme moyen, de l'homme qui espère en cette grande occasion, qui fait tout pour la faire venir.…Et cette occasion apparaît, il semble qu'elle soit sur le point de se concrétiser, et puis elle disparaît et s'éloigne. Ou bien, quand elle arrive, il est trop tard pour lui. Un de mes amis disait " Tout arrive, dans la vie. Cependant, mal, tard, et en partie ". La transposition de cette idée en un monde militaire imaginaire a été pour moi presque instinctive ; il me semblait qu'on ne pouvait rien trouver de mieux qu'une forteresse située aux ultimes confins pour exprimer, justement, l'usure que représentait cette attente. "
Bibliographie : quelques autres romans de l'attente...

- Un livre dont les deux auteurs se seraient inspirés, "La Fille du Capitaine", un court roman de Pouchkine.

- "Sur les Falaises de marbre" d'Ernst Jünger à propos duquel Julien Gracq a écrit :"« Ce n'est pas une explication de notre époque. Ce n'est pas non plus un livre à clé où on pourrait, comme certains ont été tentés de le faire, mettre des noms sur les figures inquiétantes ou imposantes qui se lèvent de ces pages. Avec plus de vérité, on pourrait l'appeler un ouvrage symbolique, et ce serait seulement à condition d'admettre que les symboles ne peuvent s'y lire qu'en énigme et à travers un miroir. »

- "Un balcon en forêt", l'autre roman de l'attente de Julien Gracq, plus réaliste et partiellement autobiographique.
dimanche, décembre 29, 2019 Reymond Sylvie Café littéraire

Manuscrit du Rivage des Syrtes de Julien GracqPour ceux qui le souhaitent voici quelques pistes de réflexion à propos de ces deux romans: 

- Première question classique: plaisir, difficulté, accessibilité de lecture de ces deux romans.

- Deux attentes: sont-elles de même nature?

- Deux personnages principaux Aldo et Drogo: sont-ils décrits et "écrits" de la même manière"? Les avez-vous trouvés attachants, proches, lointains ? Présence ou absence d'une dimension psychologique?

- Le Désert des Tartares serait-il un "roman sans femmes" et quelle est la place des femmes dans le Rivage des Syrtes?

- Deux styles? On parle souvent de roman poétique en parlant du roman de Gracq? Ces deux styles apparaissent notamment lors des descriptions de la nature et de chacune des deux forteresses. Phrases complexes et richesse du vocabulaire chez Gracq, précision mais aussi dimension fantastique et poétique chez Buzzati? Comment qualifiriez-vous ces deux écritures? Quel effet ont-elles produit sur vous? N'hésitez pas à noter des passages pour les partager lors du café.

 - Les thèmes: la forteresse, l'attente et son ensorcellement, le désert, l'interdit (désir d'interdit, désir de changement), la transgression, le franchissement de la frontière mais aussi l'habitude et son pouvoir d'attachement, la fuite du temps,  la vie militaire, la solitude, la vanité de la vie humaine et de ses ambitions...  Et puis la guerre, le désir de guerre, d'action, de gloire, de vie exceptionnelle? Comment ces thèmes sont-ils traités? 

- Dimension politique et historique: avez-vous perçu une forme de dénonciation du fascisme chez Buzzati (interprétation que l'on voit apparaître dans les commentaires  mais niée par Buzzati), une dénonciation de ce que l'on pourrait appeler le "déclin de notre civilisation" chez Gracq? Mais aussi le rôle du pouvoir et son rapport avec l'armée? 

- Qu'évoquent pour vous ces deux "ennemis" le Farghestan, les Tartares? Réalité, fantasme, exotisme, ennemi intérieur?

- Que pensez-vous des deux fins, sont-elles très différentes? Quel sens leur donnez-vous?

- Que vous reste-t-il de ces lectures?

Ci-dessus une page du manuscrit du Rivage des Syrtes de Julien Gracq

Bande annonce du film inspiré par le Désert des Tartares.

Premier rendez-vous


Jeudi 21 novembre à 18h30

Sagas familiales et ambiance du Sud…

Autour de « Cent ans de Solitude » de Gabriel Garcia Marquez et « Le Soleil des Scorta » de Laurent Gaudé.

dimanche, décembre 29, 2019 Reymond Sylvie

Plus d’une vingtaine de personnes ont assisté à ce premier café littéraire. Nous avons pu aborder différents thèmes dans une ambiance détendue et profiter du cadre agréable du Wine Bar situé au square de la Couronne tout près des Arènes. C’est dans l’hôtel du Midi, situé sur cette même place, que Guillaume Apollinaire a écrit certains de ses fameux « poèmes à Lou » en 1914.

 Présentation rapide des deux auteurs :

Laurent Gaudé est né en 1972 . Études de lettres. Pièces  de théâtre. Succès Roi Tsongor, Goncourt des Lycéens. Ses parents lui ont transmis leur amour de l’Italie, mais également son épouse, Italienne d’origine. Il réside d’ailleurs une partie de l’année dans les Pouilles, et ces séjours ont inspiré son écriture. Il publie en 2004 « Le soleil des Scorta », roman qui sera immédiatement salué par le grand public, avant même qu’il ne soit couronné par le prix Goncourt (2004), le prix Jean Giono (2004), et le prix du roman populiste (2004).

Gabriel Garcia Garquez (1928 - 2014): écrivain auteurs de romans et nouvelles, mais aussi journaliste colombien, séjourne en Europe à Paris, à Barcelone, écrit dans des conditions matérielles difficiles avant le succès de Cent Ans de solitude paru en 1967 qu’ilcommença d'écrire vers l'âge de 17 ans lui valut pourtant une reconnaissance immédiate en Amérique latine et une renommée internationale- Nobel de littérature 1982

X

Pas de copie.

Pas de copie. Merci