Écrire en atelier : "Scène de crime en focalisation externe..."    OLIVIER BUEB 27/02/2016

1 LE CRIME
La Peugeot 308 noire s'arrêta en pleine forêt. Une lune pleine éclairait la route étroite d'une lumière diaphane suffisante pour deviner l'amorce d'un sentier s'enfonçant dans les bois de chênes. Louis coupa le moteur. Ses mains gantées de cuir noir caressèrent le volant. Sa tête se tourna vers Marco et lui fit un rapide signe en direction de l'extérieur. Marco ouvrit la

portière et grogna en sentant l'air frais envahir l'habitacle de la voiture. Sa fermeture éclair fendit la nuit d'un zip caractéristique et déterminé. Ses mains lui servirent de chausse-pieds pour extirper sa grande carcasse du véhicule de sport. Il referma la portière du passager avant pour aller ouvrir le coffre. Marco empoigna le passager arrière comme un sac de charbon et le cala sur son épaule droite. Il emprunta le sentier d'un pas décidé en silence. Bâillonné, ligoté le colis tenta de se débattre. Marco fit cesser ces velléités de rébellion d'un atémi précis à la base du coup de sa victime. Celle-ci grogna et après un bref raidissement de son corps elle perdit connaissance. Marco reprit tranquillement sa progression au milieu des chênes séculaires et des châtaigniers chargés de fruits. Louis descendit à son tour du coupé qu'il prit soin de fermer à clef pour éviter le bruit de la commande centralisée des portières. Il nettoya d'un coup de manche une trace de boue qui entachait le rétroviseur extérieur droit. Avant de suivre les pas de Marco, il vérifia la pression des pneus du bout de ses chaussures italiennes vernies. Avec l'aide des rayons de lune, il rejoignit rapidement son acolyte dans une clairière d'herbe verte. Le colis était posé au pied d'un chêne. Louis fit un signe de tête à Marco. Ce dernier bourra le corps inanimé de
trois coups de pied. La victime roula sur elle-même en grommelant. Marco la fit se tenir debout et lui retira le masque qui lui cachait la vue. La lumière lunaire lui fit baisser la tête et fermer les yeux. S'habituant peu à peu à cette luminosité, l'homme regarda d'abord Marco le colosse. Son regard se dirigea ensuite vers Louis. Il ne lut aucune émotion sur leurs visages. Il essaya de parler et de bouger ses mains mais cela lui fut impossible.
Sur ordre de Louis, Marco posa sa main sur l'épaule de l'homme et lui indiqua le chemin à suivre. Ils se frayèrent un passage dans les buissons et s'arrêtèrent au bout de 5 minutes de marche. Le silence régnait. Louis les avait rejoints et faisait face à l'inconnu dont les yeux étaient écarquillés en grand. Il défit le bouton de sa veste Armani et glissa sa main sous son aisselle gauche. Il en sortit un Berreta 9mm. L'arme noire brillait sous la lune. Louis ôta la sûreté et arma le revoler d'un geste calme. Il enfourna le canon dans la bouche de l'homme et appuya sur la détente. Un bruit sourd déchira la nuit et résonna dans la forêt. Des corbeaux croassèrent dans un bruissement d'aile. Louis sortit son mouchoir et astiqua méticuleusement son Beretta avant de le ranger dans son holster. Les deux complices repartirent en direction de leur Peugeot noire comme la nuit.
2 L’EMOTION de la DECOUVERTE
Cela faisait une heure que je marchais dans la forêt à la recherche de champignons. Il est gentil tonton mais les bons coins il les garde pour lui. Menteur comme un arracheur de dents, non plutôt comme un chasseur de champignons. Enfin je le vois, mon premier de la journée. Un superbe pied de mouton. Génial, je me précipite pour le ramasser avant que quelqu'un surgit du diable vauvert ne vienne me le piquer sous le nez. Et alors là, j'en reste bouche bée, le pied de mouton n'est pas seul, en effet à ses côtés se trouve une chaussure. Mon regard remonte, suit une jambe, puis un corps entier. Je me lève d'un coup. Un macchabée, j'avais toujours eu l’angoisse d'une telle rencontre macabre en forêt et bingo, c'est pour aujourd’hui.
Mon regard croise enfin la tête, de la cervelle et du raisiné partout…
Je ne peux plus tenir, je lâche mon pied de mouton et tombe à genoux, je vomis tout ce que je sais. Les arbres dansent autour de moi. Je me sens partir et tourne de l’oeil.