Écrire en atelier : " récit à deux crayons".  Philippe et Elia 11/2016

Confronté à l’urgence, il se mit  courir en tous sens, sautiller, gémir, s’arracher les cheveux, faire tourner ses yeux, invoquer la clémence divine, implorer les miraculés, et enfin parvint à articuler quelques bruits quelques cris quelques mots « mais…comment…comment donc…çà jamais !!!C’est inutile …impossible… infaisable…dangereux…il ne faut  pas….absolument…on discute plus….c’est non…je…j’en appellerai à la loi…y-a-t-il un agent ici ?....je  recours je saisirai…Mais tout ceci fut vain, ses mots se perdaient dans le

tumulte environnant, personne ne semblait accorder la moindre importance à son désarroi. Un enfant le regardait, incrédule, souriant légèrement. Alors la colère retombe et fit place à un abattement insupportable.

Il ne se battrait plus, ne se lèverait plus, ne se laverait plus, n’écouterait plus la radio. Il n’ouvrira plus son frigo d’ailleurs,  à quoi bon ! Il ne reste qu’une brique de lait tourné et un plat surgelé décongelé à moitié. Ses indemnités Assedic se terminent ce soir.

Il faudrait un miracle pour s’en sortir. Un miracle… ! » Je ne crois pas aux miracles ». Je sais, je vais dégringoler lentement jusqu’au fond du trou. « Y-a-t-il un fond à ce trou ?  Un fond, ça me permettrait de prendre appui,  rebondir…Mais pas de fond !!!Ce serait comme un tunnel qui déboucherait sur…tous les possibles, toutes les rencontres…porteuses d’espoir ?...Malgré la situation calamiteuse une lueur une confiance renaissait en lui,  flamme vacillante. L’enfant le regardait toujours amusé.

Il avait déjà connu de tels moments et il savait que cette petite flamme ne l’abusait pas. La vie, sa vie avait  été souvent imprévisible. Refuser l’abattement, regarder  droit devant, corriger la courbe. Demain ne ressemblera pas à ce jour ! Il savait qu’une situation se retourne, qu’une bonne surprise une magie peut arriver. Il allait trouver une solution.

Il le vit apparaître à l’horizon. Il était immense et magnifique. Jamais encore il n’en avait vu de si gros. Il se dit qu’avec une telle dose on pourrait tuer des milliers de gens dé-li-ca-te-ment. Mais voilà que l’amanite tue-mouche s’envolait ! « Pas possible » Mais si !, il avait maintenant dépassé la cime des arbres et portait en outre un gros panier sous lui. « Faut-il que je sois mongol et fier pour monter là dedans !! »      « M’enfuir, partir ».  Cà  jamais ! Je  n’y monterai pas. C’est  pas la solution je vous le dis ! Ecoutez, écoutez-moi ! La fuite par les airs ! Se  faire la belle …Ce rôle de Ribouldingue ne me convient pas. Ce n’est pas la solution pour sauver notre personnage de la décadence sociale. Lui,  il se coltine un vrai problème : manger demain. Il est en danger de dépression. Ne voyez-vous pas que son débit oratoire se tarit ? Il a le teint qui jaunit, un léger tremblement s’empare de ses membres, il se dit qu’il sera mieux dans son lit .Comment sauver notre personnage ? Encore de la colère après un arrêt au bar chez Tonio ? « Moi Monsieur, chuis de ceux qui se battent, qui cognent, qui tranchent, qui percutent. Un rêve… ? Un appel au téléphone de sa grand-mère qui lui dit avoir  gagné au casino beaucoup plus que ce dont elle a besoin ? Une lettre qu’il n’avait pas ouverte et  qu’il découvre où l’Assédic lui demande des excuses car ils se sont trompé ? Il accomplit un acte héroïque et sera généreusement récompensé par …par  les parents du petit qui souriait?... Attention ! Attention, un bruit de pneus, et une voiture noire filant à vive allure débouche sur la place et prenant un virage trop sec manque de renverser l’enfant.  Heureusement,  notre désespéré se lance sur la voie et le rattrape lestement en le prenant  dans ses bras. Ce vacarme fait surgir les voisins dans la rue qui accourent pour féliciter l’auteur de ce beau geste. Les Parents arrivent sur les lieux les yeux pleins de larmes, reconnaissants ils invite notre héros. Pour le récompenser Ils lui proposèrent de faire la surveillance de la  montgolfière.          

Mais il dort comme un ange maintenant ! Silence.  Il est somnambule, il se lève …suivons le.