Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Solène J.
31 mai 2026
Textes d'ateliers

1 À la gare, les choses lui semblèrent soudainement précipitées. Le cours des événements s'était-il accéléré par une raison juste ou s'était-il seulement laissé emporter par le fantasme d'une fuite ?L'idée serait dès à présent de s'offrir une anti-biographie. Se perdre le plus possible, s'offri...

Derniers commentaires

Invité - Sadoul
10 mai 2026
Quel voyage, tout en sensibilité ! L'impression d'y être, de ressentir les sensations ,les...
Invité - Jean-François D
17 mars 2026
subtilement glaçant!
Taille du texte: +

Le retour du fils prodigue

 Une journée d'été, quelques nuages blancs isolés se découpent sur le ciel très bleu.

Une grande maison, en forme de L, précédée d'un jardin clos par des murs de hauteur moyenne qui permettent d'apercevoir le jardin.

Un fouillis de verdure.

Derrière un figuier au tronc tortueux, on devine les pierres d'un puits, un cerisier au centre, du bois de chauffage le long du mur, ce qu'il en reste.

Des hauts murs de la maison, des rosiers de toutes sortes dégringolent comme ils le peuvent. Près d'une porte, des plantes aromatiques, on y reconnait du romarin et du persil. Sur la terrasse, l'ombre d'un parasol protège la table sur laquelle est disposé le couvert pour 3 personnes.

A l'étage, de nombreuses fenêtres aux volets clos, à la peinture écaillée.

Seuls au rez-de-chaussée, des volets entrebâillés tentent de protéger l'intérieur et ses occupants de la chaleur.

Dans l'encadrement de ce qui semble être la porte de la cuisine, se tiennent deux personnes d'un certain âge.

A l'ombre du parasol, un homme, grand, les épaules larges, appuyé contre le mur, comme en retrait. Les mains dans les poches, il porte une vieille chemise à carreaux qui sort de son pantalon de toile à la couleur passée. Mal rasé, les sourcils débordants de ses lunettes, le torse est légèrement bombé en avant. Le visage est fermé, creusé de deux rides profondes qui encadrent sa bouche, les yeux enfoncés disparaissent derrière les sourcils. Sur son front perlent quelques gouttes de sueur.

A ses côtés, une femme, sa femme sans doute, plus petite.

Elle porte une robe rayée vert et bleu, un tablier gris autour du cou sur lequel ses mains tentent de faire disparaître des traces de farine.

Ses cheveux vaporeux s'échappent des barrettes qui tentent de les contenir. Elle a l'air fatigué et le rose aux joues de quelqu'un d'affairé. Le sourire qui illumine son visage et ses yeux dit son impatience. C'est un regard ouvert, bras tendus, prêt à recevoir.

Tous deux ont le regard dirigé vers le portail en bois, ouvert sur le jardin.

Près du portail, un homme, jeune, en tenue d'été, short large, tee-shirt et sandales.

Il porte un sac à l'épaule.

Il est seul.

Bras levé,

la main arrêtée dans son élan pour remettre ses cheveux en place.

Geste suspendu, hésitant, fragile

comme à la recherche d'une contenance

comme pour rassembler son souffle

avant de relancer le mouvement.

Il est celui qui vient

Celui qui est absent

Celui qui manque

Il est celui qu'ils attendent

Temps suspendu, étiré

Intensité du Silence

Regards qui n'osent pas

Silence, même les oiseaux.

Une pause

Immobile l'espace d'un instant.

L'espace d'une distance

L'espace du silence

Se voir de loin, d'abord.

S'observer

S'attendre

S'aimer

Traverser le jardin.

Combien de pas ?

Faire le chemin

Solitude

Comment le dire ?

Relever la tête, se redresser.

Se donner du courage.

Conjurer le silence

Comment leur dire ?

Parfois les mots sont des blessures.

Sa mère s'avance pour l'embrasser, son odeur de poudre un peu surannée, sa joue contre la sienne lui font monter les larmes aux yeux.

Son père fait un pas vers lui, se penche un peu et le scrute du regard.

Elle lui prend le bras : Allez mon chéri, viens t'asseoir, on va manger. Après tu nous raconteras !

21 mars 2021. Cécile Gravellier

L'instant d'avant
Extrait de l'article du Midi Libre sur Sève d'auto...

Sur le même sujet:

 

Commentaires

Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
mercredi 10 juin 2026
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

9 janvier 2021
Il y a une petite fille près de la fenêtre, elle a huit ans, elle regarde la nuit qui tombe. La croisée se découpe en sombre sur le mur rose pâle. Le ...
1617 lectures
14 mars 2023
Assise sur mon rocher, j'épie l'île plantée au large de notre côte sauvage. Aucune embarcation ne s'aventure près de ce lieu ombrageux martyrisé...
1092 lectures
6 décembre 2020
 C'est une petite odeur discrète et sans chichi Pas plus grosse qu'une coccinelle ou qu'une larme de souris Mais câline et rêveuse Pieds nus dans...
2087 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avocats Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Conte Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Incipit Indicible Instant Intelligence artificielle Ironie Jalousie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment d'abandon Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Pronoms Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Retour Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Tain Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Train Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom