Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Solène J.
31 mai 2026
Textes d'ateliers

1 À la gare, les choses lui semblèrent soudainement précipitées. Le cours des événements s'était-il accéléré par une raison juste ou s'était-il seulement laissé emporter par le fantasme d'une fuite ?L'idée serait dès à présent de s'offrir une anti-biographie. Se perdre le plus possible, s'offri...

Derniers commentaires

Invité - Sadoul
10 mai 2026
Quel voyage, tout en sensibilité ! L'impression d'y être, de ressentir les sensations ,les...
Invité - Jean-François D
17 mars 2026
subtilement glaçant!
Taille du texte: +

Allégorie

Je ne peux vraiment pas faire de toi mon amie. Non ! Comment être amie avec une femme sur qui je ne peux pas compter, qui m'accorde ou me refuse son aide de façon imprévisible ?

Faire de toi une amie, alors que tu disparais pendant de longues semaines à tel point que je me mets à douter de ce que tu m'as permis de découvrir ?

Que faire d'une grande absente, qui se fait désirer, que je ne peux toucher ?

Que faire lorsque tu te fais silencieuse, inconsistante, transparente, rasant mes murs ? Tel un fantôme.

Une amitié avec toi alors que tu aimes rester libre de venir ou pas, que tu ne tiens pas compte de mes désirs ? N'y pense pas !

Te voilà trop fantasque, trop proche de la folie.

Pourtant, je me met parfois à te chercher.

Pourquoi ? Tu le sais bien. Je ne veux pas d'une vie banale, réaliste. Je veux que tu m'offres encore et toujours des miroirs dans lesquelles j'entrevois de merveilleux aspects de moi- même. J'apprécie à sa juste mesure lorsque tu me déguises, m'habillant d'accoutrements qui me rendent méconnaissable. J'aime tant quand tu transformes un objet, en un instant, en quelque chose d'unique, de merveilleux, quand tu m'emmènes dans un lieu inconnu de tous sauf de toi, où j'ai soudain l'impression d'avoir déjà été.

J'aime trop les beaux voyages que tu me permets de dégoter, les découvertes incroyables que tu me fais faire.

Alors comme je viens de le dire, je me mets à te chercher.

Je fouille, je fouine, je chine…

Je te cherche dans des mots prononcés, dans des histoires qui me sont racontées, dans un bistrot sur le coin d'une table voisine ou de la mienne…

Souvent sans succès.


Du coup, je cesse de m'acharner, je finis par entendre ton silence et m'occupe à autre chose ; je n'insiste pas, je n'insiste plus.

Ce n'est pas ton jour, ce n'est pas ta semaine, tu as mieux à faire ailleurs, tu as trouvé un hôte plus plaisant, ô femme infidèle.

Mais je te connais bien. Tu peux d'un instant à l'autre, d'un jour à l'autre, te changer en une visiteuse impromptue, lumineuse.

Tu peux pousser la porte à toute heure du jour. Tu entres alors et t'imposes, éclatante. Dès ce moment-là, tu deviens une femme que j'aime. Une amie. Oui, parce que tu passes de la distance à la proximité, voire à la générosité. Ainsi, soudain, tu es là quand je ne t'attends pas, tu me surprends, tu m'épastrouilles, tu fonds sur moi, tu t'imposes, tu t'affirmes soudain au détour d'une conversation, d'une image. De telle façon que je ne peux que t'accueillir. Quand tu es là, je retrouve mon âme d'enfant, je suis celle qui découvre le monde comme si tout était la première fois. Je me consacre à toi, comme à un bébé affamé, j'arrête tout, au risque que tu ne m'échappes et que je t'attende à nouveau pour un temps non défini.

Tu ne me facilites cependant pas la tâche parce que si je peux parfois t'accueillir avec bonheur, certaines fois ta présence m'encombre, m'importune parce que je suis à autre chose, parce que je suis indisponible. Je voudrais te dire de partir mais tu installes ton campement, tu jettes l'ancre.

Quand tu me rends visite la nuit et que tu entres dans ma chambre, tu te fais rarement discrète. Tu me réveilles alors et à peine sortie de mes limbes, je sais que c'est toi. J'allume ma lampe à tâtons, m'assieds sur mon séant, attrape mon carnet et mon porte-plume qui sont là sur ma table de chevet et je te couche sur une page blanche. Je t'enroule, te déroule, te souligne, je t'embobine, je te love. Je te prends, que tu sois une rédactrice qui vient à moi sous forme de mots, une archéologue qui a déterré un souvenir, une réminiscence, je te prends quand tu es une magicienne qui m'aide à transformer les images, les couleurs et les odeurs en mots, une marionnettiste qui tient les fils attachés à chacun de mes doigts et qui me fait écrire quelque chose que je ne connais pas de moi. Chaque fois, je te traite de la même manière. Je te consigne. Tu m'enchantes et soudain me fais peur. Tu me mets en joie, tu m'effraies. Tu me nourris ou tu me désespères. Te voilà brouillonne ou ordonnée. L'effet que tu me fais est quelque fois si vif que je te sens réelle. Mon cœur s'envole alors, dans une succession de battements d'aile que je sens dans ma poitrine et qui me font mal tant ils sont puissants. Je me tourne et me retourne alors dans mon lit, côté droit, côté gauche. J'essaye de te chasser. Mais tu restes. Depuis le temps que tu me connais tu devrais pourtant savoir que j'ai besoin de sommeil. Mais tu n'en tiens pas compte. Côté droit, côté gauche. Je te répète, imagination chérie, autant je suis ravie quand tu arrives, autant je suis contente quand tu t'en vas. Ne le prends pas contre toi. C'est comme ça !

Et puis, quand enfin tu te calmes, je me rendors. Je rêve même parfois de toi. Tu es alors une équilibriste, fragile sur ton fil, une remailleuse qui tise des liens entre les fils de ma vie et celle des autres, une inventeuse, une préparatrice mélangeant des poudres diverses, une interprète reconstruisant une histoire dans une langue qui est la tienne et que je découvre, surprise…

Tu fais plusieurs métiers mais qui nécessitent chacun des capacités à évoquer, assembler, lier, transformer des matériaux, les combiner pour finalement inventer et créer des personnages, des lieux, des événements, des histoires...

Et enfin, j'oubliais de dire que ton sport préféré n'est certainement pas la course de fond, la marche ou le vélo. Cela te demanderait trop de constance, de persévérance.

Je ne vois d'ailleurs pas quel sport pourrait te convenir.

Mais, si je peux me permettre ce conseil, des passes temps qui pourraient te nourrir serait de te passionner pour des faits divers, des documentaires et enfin de lire jusqu'à plus soif.

Anouk.

Février 2022.

Urgence
Les livres de Jean-Pierre Mailhan de l'atelier d'A...

Sur le même sujet:

 

Commentaires 1

Sylvie Reymond Bagur le dimanche 20 mars 2022 14:17

Une allégorie inspirée, et pour cause...

Une allégorie inspirée, et pour cause...
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
mercredi 10 juin 2026
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

6 septembre 2020
Tes yeux noirs qui pétillent. Une lumière dans tes yeux. Ce ne peut être une lumière noire. Je ne saurais la définir, la lumière de tes yeux. Ta barbi...
2088 lectures
20 septembre 2023
Ma besogne est si ancienne que ma mémoire en a gommé les prémices. Depuis toujours, mes souvenirs sont portés par le fleuve. Ma gondole est la même : ...
982 lectures
26 avril 2021
Venue poser, comme tous les après-midi, la dame au voile va bientôt me quitter. J'aime son maintien doux et sérieux tandis qu'elle demeure silencieuse...
1705 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avocats Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Conte Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Incipit Indicible Instant Intelligence artificielle Ironie Jalousie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment d'abandon Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Pronoms Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Retour Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Tain Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Train Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom